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<div id='slidertitre'><h1 title='Actualité : Résultats du concours !'>Actualité : Résultats du concours !</h1></div><div id='slidertexte'>Date : 2016-05-19<p>Le jury du concours de la nouvelle Jacqueline de Romilly a délibéré et les résultats sont désormais en ligne sur notre <a href="http://www.sel.asso.fr/concours.php">page Concours</a>. Merci à tous d'avoir participé !</p></div><a href='actualite.php?id=67' id='lirelasuite'>Lire la suite</a> <div id='slidertitre'><h1 title='Actualité : Tribune commune publiée dans l'Humanité'>Actualité : Tribune commune publiée dans l'Humanité</h1></div><div id='slidertexte'>Date : 2016-03-22<p>Le regroupement des associations APLettres, APLAES, APFLA-PCL, CNARELA, SEL et SLL ont publié <a href="http://www.humanite.fr/maintenant-comment-sauver-les-enseignements-du-grec-et-du-latin-602598">une tribune intitulée ''Sortir par le haut''</a>, dans <em>l'Humanité</em> du 22 mars 2016. Vous trouverez ci-dessous le texte de cette tribune. <br/>Sauver le latin et le grec ? Il s'agit avant tout de ne pas les laisser perdre : affaire de volonté politique. Or le ministère a fait retirer des grilles des matières enseignées les options de latin et de grec en pulvérisant ces disciplines pour créer un système bancal, sans obligation de mise en place dans les établissements : Enseignement pratique interdisciplinaire (EPI) de Langues et Cultures de l'Antiquité (LCA) et éventuellement quelques heures de cours ''de complément''. L'ensemble a été bétonné par un discours mensonger, prétendant que les langues anciennes étaient aujourd'hui réservées à une élite tandis que le nouveau système les ouvrirait à tous, et que les horaires actuels seraient conservés.<br/>Privilèges, les langues anciennes ? 93% des collèges - dont les Zones d’Éducation Prioritaire - offrent aujourd’hui le latin et parfois aussi le grec ! La DEPP, service statistique du ministère, vient même de démontrer que l’étude du latin, loin d'être l'apanage d'une élite, participait à la réussite des élèves défavorisés, à la mixité sociale, et corrigeait les inégalités. Maintenus, les horaires ? Ils ont été sabrés pour la rentrée 2016 : 50% de moins en 5e et 30% en 4e et 3e, véritable insulte aux milieux populaires.<br/>Une telle politique atteint son but : d’après les premiers sondages pour la rentrée, 93% des collèges voient baisser leurs horaires, 28% des sections de grec ferment ; l’EPI LCA occupe moins de 36 heures dans 66% des collèges et supprime une heure de français dans 44%, il est assuré par un professeur qui n’a jamais étudié le latin ni le grec dans 20% ; 50% des collèges n’ouvriront qu’un seul groupe en 5e même si beaucoup d’élèves désirent s’inscrire, 75% n’ouvrent pas d’EPI latin en 4e et en 3e , 98% n’ouvriront pas l’EPI axé sur le grec en 3e.<br/>Le bilan est clair. Le grec est sacrifié alors que les effectifs d'hellénistes progressaient en collège et en lycée. Les horaires d'enseignement ne sont plus garantis, et cette précarité ruine les vertus linguistiques, culturelles et interdisciplinaires du latin et du grec. Les élèves sont perdants sur tous les tableaux.<br/>Le futur statut des langues anciennes est l'image extrême de ce que va devenir le collège avec une réforme que la droite n’aurait pas mieux réussie : un endroit où les élèves, sur quatre années, auront reçu, toutes matières confondues, des centaines d’heures de cours de moins que leurs aînés, le tout dans un désordre profondément inégalitaire.<br/>Le ministère a refusé les propositions de nos associations. Le Conseil Supérieur des Programmes a été contraint de regrouper les niveaux de 5 e et de 4 e tant l’horaire est amputé. Les horaires de lycée continuent de chuter, le recrutement des professeurs de lettres classiques a perdu son CAPES spécifique, les études universitaires et la qualité de la recherche française sont directement menacées de tarissement.<br/>Sauver le latin et le grec, c’est protéger leur enseignement. Si l’on est de gauche, c’est favoriser les chances des plus démunis d’y accéder partout, pleinement, et non au rabais. Or cette réforme qui étouffe l’ambition n’accorde plus de confiance à ceux qui seront les citoyens de demain et infirme le rôle de l'éducation, « acte de foi dans la valeur de la personne humaine raisonnable et éducable » selon Jaurès. Pourquoi les élèves capables de suivre aujourd’hui des options exigeantes ne le seraient-ils plus à la rentrée 2016 ? À la différence du ministère, nous croyons dans le potentiel de chacun de nos élèves, et voulons, depuis des années, que les options de latin et de grec, ce surcroît de culture et de confrontation à d'autres mondes ou d'autres modes de pensée, soient accessibles à tous. </p></div><a href='actualite.php?id=66' id='lirelasuite'>Lire la suite</a> <div id='slidertitre'><h1 title='Actualité : Mobilisation et pétition'>Actualité : Mobilisation et pétition</h1></div><div id='slidertexte'>Date : 2016-03-10<p>Nous relayons un appel à la mobilisation et à la signature d'une pétition du <a href="http://collectifcondorcet.wix.com/collectifcondorcet">Collectif Condorcet</a> (Appel national pour sauver l'école de la République). </p></div><a href='actualite.php?id=65' id='lirelasuite'>Lire la suite</a> <div id='slidertitre'><h1 title='Actualité : Lettre au Président de la République'>Actualité : Lettre au Président de la République</h1></div><div id='slidertexte'>Date : 2016-01-27<p>Monsieur le Président de la République,<br/>En réponse à notre demande d'audience portant sur la réforme du collège, votre chef de cabinet, Madame Isabelle Sima, nous a assuré le 13 octobre dernier que vous étiez 'à l'écoute de nos observations concernant la mise en oeuvre de l'enseignement des langues anciennes dans le cadre de cette réforme' et que vous prendriez 'à cet égard dans les mois à venir des initiatives qui attestent le prix que vous attachez aux humanités et à la langue française'.<br/>Afin que vos annonces prennent en compte la situation scolaire actuelle du latin et du grec et renforcent les orientations égalitaires de votre politique en remédiant à la quasi disparition des langues anciennes du cursus des collégiens, nous nous permettons quelques rappels.<br/>Madame la Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a déclaré à de multiples reprises, auprès de la représentation nationale et de divers médias, qu'avec la réforme de 2016 le grec ancien et le latin seraient toujours enseignés dans les collèges, avec le même nombre d’heures qu'auparavant. Or, dans les faits, les dispositions actuelles de la réforme aussi bien que les modalités de son application, démentent ces affirmations. <br/>En effet, l'arrêté du 19 mai a retiré le latin et le grec de la liste des matières jusqu'à présent enseignées à titre d'option en collège, et a fait éclater leur enseignement en trois dispositifs dont la mise en place dans les établissements ne peut plus être garantie aux familles : éléments du programme de français - qui existent déjà dans les programmes actuels -, 'enseignements pratiques interdisciplinaires' (EPI) dont l'horaire doit être prélevé sur celui des autres disciplines, et 'enseignements de complément' dont l'existence ne peut être assurée, car ils dépendent de l'utilisation que feront les établissements de leur marge de fonctionnement puisque les langues anciennes n'ont pas d'horaire dédié disponible. Au mieux, cet horaire sera inférieur à l'horaire actuel de 50% en 5e, 30% en 4e et 3e et il sera partout laissé à l'appréciation des établissements qui répartiront chacun, dans le cadre de l'autonomie, leurs moyens horaires. Enfin ces trois dispositifs bancals peuvent relever de trois professeurs différents, dont l'un seulement qui soit de lettres classiques...<br/>Avant même toute application de la réforme, nos associations ont averti que la précarité et l'atomisation du nouveau statut de ces enseignements privés d'horaire spécifique ne pouvaient que nuire aux contenus transmis, rendre plus difficilement accessible aux élèves l'intérêt que présente l'Antiquité, retarder leur implication dans leurs apprentissages, et bien évidemment de ce fait mettre à mal l'étude du latin et du grec au collège.<br/>Vous sachant 'à l'écoute de nos observations concernant la mise en oeuvre de l'enseignement des langues anciennes dans le cadre de cette réforme', nous faisons remarquer que les premières mesures annoncées en ce moment même dans les collèges, dans le cadre de la préparation de la rentrée 2016, mettent en lumière la fragilité de la structure prévue, incapable de résister aux contraintes fixées par la nouvelle organisation du collège, et aboutissent à la baisse notable du nombre des sections et de l'horaire total accordé aux langues anciennes dans les établissements.<br/>Faute d'heures disponibles, des établissements annoncent déjà qu'ils ne pourront respecter les assurances de Madame la Ministre, qu'ils doivent limiter l'EPI de langues et cultures de l'Antiquité à un seul niveau (alors que le BO de juillet l'étendait à l'ensemble du cycle 4 et que cet EPI aurait représenté en 5e 50%, en 4e et 3e 30% de l'horaire actuel), restreindre le nombre d'élèves étudiant les langues anciennes en n'ouvrant qu'un groupe par niveau, ou limiter l'horaire de l'enseignement de complément, voire parfois supprimer les sections de grec, réduisant ainsi l'enseignement des langues anciennes ou les effectifs de latinistes et d'hellénistes à une peau de chagrin - quand ils ne ferment pas purement et simplement l'enseignement des langues anciennes dans leur établissement.<br/>La confusion des textes officiels amplifie le risque de disparition de nos disciplines : là où dans les textes actuellement en vigueur deux lignes et trois colonnes suffisaient à définir le statut de celles-ci au collège, il a fallu en 2015 un arrêté, un décret, deux bulletins officiels, deux documents de la DGESCO pour décrypter la complexité de la structure prévue pour les langues anciennes, deux pages de l'IGEN pour les expliquer, à la suite de quoi DGESCO et ministère n'en font pas la même lecture. Le 'choc de simplification' est décidément inconnu au ministère de l'Éducation nationale.<br/>La réforme du collège visait - et il faut en saluer l'intention - à remédier aux inégalités scolaires. Mais faute d'un diagnostic bien posé, d'une analyse sérieuse de la réalité, et de la prise en compte des effets pervers que la réforme entraîne, elle aboutit à les renforcer. <br/>En effet, l'apprentissage ouvert à tous des langues anciennes, et d'autres matières taxées un peu vite d' 'élitisme', a toujours concouru à la promotion des élèves défavorisés, en leur apportant le surcroît de culture et de confrontation à d'autres mondes ou d'autres modes de pensée qu'ils ne pouvaient découvrir dans leur milieu d'origine. Une étude de la DEPP5, organe statistique du ministère, soulignait récemment le rôle positif du latin dans la réussite scolaire des élèves défavorisés, et son action bénéfique pour la mixité sociale - les familles plus favorisées acceptant d'inscrire leurs enfants dans un établissement sensible avec latin, rassurées de voir qu'il offrait des possibilités de réussite, un contenu et une qualité de l'enseignement, comparables à ceux d’un établissement mieux coté. <br/>L'amoindrissement voire la disparition de l'apprentissage du latin et du grec sont donc, surtout dans les collèges 'des quartiers' ainsi que les collèges ruraux qui par un effet d'échelle voient réduits leurs moyens horaires 'de marge', un coup sévère porté aux engagements de lutte contre les inégalités. Les disparités entre les territoires vont se renforcer et la mixité sociale va s’amenuiser, à l'heure même où l'on assure aux élèves que la République s'adresse à tous. Quand les établissements privés ou les collèges publics de certaines académies annoncent qu'ils conservent leurs sections de latin ou de grec, lorsque d'autres les perdent sans savoir pourquoi, il s'agit bien de discrimination. À l'heure de 'l'union nationale', l’Éducation du même nom fait tache. <br/>Quant aux enseignants, ils sont en porte à faux : on leur demande de prôner l'égalité et la solidarité de tous mais ils doivent annoncer, dans le même temps, que les élèves de 5e et de 4e déjà latinistes vont devoir renoncer à leurs options ou les voir réduites, que les futurs hellénistes de 3e ne feront jamais de grec, et donc en réalité que leur collège leur apprendra moins de choses que le collège voisin, ou que l'enseignement privé est plus attrayant et plus généreux que le public... Le discours contradictoire a ses limites et ne pourra dissimuler longtemps la tromperie.<br/>Faut-il rappeler de plus que les professeurs de lettres classiques sont aussi professeurs de français ? Voir les horaires de leur discipline amputés en 6e et en 3e, deux classes charnières, d'adaptation au collège pour la première et de propédeutique au lycée pour la seconde, renforce leur colère : l'échec des élèves est souvent un échec dans la maîtrise du français, et la réforme 2016 du collège majore leurs difficultés, en réduisant le temps d'enseignement et d'apprentissage de la langue dans ces deux classes.<br/>Apprenant 'le prix que vous attachez aux humanités et à la langue française', sachant quel est votre souci de réunir tous les Français autour d'un idéal commun, nous vous réitérons notre demande d'audience, et notre souhait que l'on renonce à cette réforme du collège, qui ne soigne pas les maux bien réels de l'école mais conduit, dans une course aveugle, à leur amplification, au développement de l'ignorance, et à l'injustice envers les plus démunis. Seule une réforme consciente de la complexité des problèmes scolaires, portée et acceptée par une grande majorité des personnels, pourra être suivie d’effets positifs.<br/>Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.<br/>F. Martin, pour les associations APFLA-CPL (Association des Professeurs de Français et Langues Anciennes en Classes Préparatoires Littéraires), APLAES (Association des Professeurs de Langues Anciennes de l’Enseignement Supérieur), APLettres (Association des Professeurs de Lettres), CNARELA (Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes), SEL (Sauvegarde des Enseignements Littéraires), SLL (Sauver Les Lettres)</p></div><a href='actualite.php?id=62' id='lirelasuite'>Lire la suite</a>

Actualités

2016/05/19 - Résultats du concours !

Le jury du concours de la nouvelle Jacqueline de Romilly a délibéré et les résultats sont désormais en ligne sur notre page Concours. Merci à tous d'avoir participé !

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2016/03/22 - Tribune commune publiée dans l'Humanité

Le regroupement des associations APLettres, APLAES, APFLA-PCL, CNARELA, SEL et SLL ont publié une tribune intitulée ''Sortir par le haut'', dans l'Humanité du 22 mars 2016. Vous trouverez ci-dessous le texte de cette tribune.
Sauver le latin et le grec ? Il s'agit avant tout de ne pas les laisser perdre : affaire de volonté politique. Or le ministère a fait retirer des grilles des matières enseignées les options de latin et de grec en pulvérisant ces disciplines pour créer un système bancal, sans obligation de mise en place dans les établissements : Enseignement pratique interdisciplinaire (EPI) de Langues et Cultures de l'Antiquité (LCA) et éventuellement quelques heures de cours ''de complément''. L'ensemble a été bétonné par un discours mensonger, prétendant que les langues anciennes étaient aujourd'hui réservées à une élite tandis que le nouveau système les ouvrirait à tous, et que les horaires actuels seraient conservés.
Privilèges, les langues anciennes ? 93% des collèges - dont les Zones d’Éducation Prioritaire - offrent aujourd’hui le latin et parfois aussi le grec ! La DEPP, service statistique du ministère, vient même de démontrer que l’étude du latin, loin d'être l'apanage d'une élite, participait à la réussite des élèves défavorisés, à la mixité sociale, et corrigeait les inégalités. Maintenus, les horaires ? Ils ont été sabrés pour la rentrée 2016 : 50% de moins en 5e et 30% en 4e et 3e, véritable insulte aux milieux populaires.
Une telle politique atteint son but : d’après les premiers sondages pour la rentrée, 93% des collèges voient baisser leurs horaires, 28% des sections de grec ferment ; l’EPI LCA occupe moins de 36 heures dans 66% des collèges et supprime une heure de français dans 44%, il est assuré par un professeur qui n’a jamais étudié le latin ni le grec dans 20% ; 50% des collèges n’ouvriront qu’un seul groupe en 5e même si beaucoup d’élèves désirent s’inscrire, 75% n’ouvrent pas d’EPI latin en 4e et en 3e , 98% n’ouvriront pas l’EPI axé sur le grec en 3e.
Le bilan est clair. Le grec est sacrifié alors que les effectifs d'hellénistes progressaient en collège et en lycée. Les horaires d'enseignement ne sont plus garantis, et cette précarité ruine les vertus linguistiques, culturelles et interdisciplinaires du latin et du grec. Les élèves sont perdants sur tous les tableaux.
Le futur statut des langues anciennes est l'image extrême de ce que va devenir le collège avec une réforme que la droite n’aurait pas mieux réussie : un endroit où les élèves, sur quatre années, auront reçu, toutes matières confondues, des centaines d’heures de cours de moins que leurs aînés, le tout dans un désordre profondément inégalitaire.
Le ministère a refusé les propositions de nos associations. Le Conseil Supérieur des Programmes a été contraint de regrouper les niveaux de 5 e et de 4 e tant l’horaire est amputé. Les horaires de lycée continuent de chuter, le recrutement des professeurs de lettres classiques a perdu son CAPES spécifique, les études universitaires et la qualité de la recherche française sont directement menacées de tarissement.
Sauver le latin et le grec, c’est protéger leur enseignement. Si l’on est de gauche, c’est favoriser les chances des plus démunis d’y accéder partout, pleinement, et non au rabais. Or cette réforme qui étouffe l’ambition n’accorde plus de confiance à ceux qui seront les citoyens de demain et infirme le rôle de l'éducation, « acte de foi dans la valeur de la personne humaine raisonnable et éducable » selon Jaurès. Pourquoi les élèves capables de suivre aujourd’hui des options exigeantes ne le seraient-ils plus à la rentrée 2016 ? À la différence du ministère, nous croyons dans le potentiel de chacun de nos élèves, et voulons, depuis des années, que les options de latin et de grec, ce surcroît de culture et de confrontation à d'autres mondes ou d'autres modes de pensée, soient accessibles à tous.

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2016/03/10 - Mobilisation et pétition

Nous relayons un appel à la mobilisation et à la signature d'une pétition du Collectif Condorcet (Appel national pour sauver l'école de la République).

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2016/02/16 - Deux annonces

Rappel ! Nous entrons dans le dernier mois du Concours de la nouvelle Jacqueline de Romilly ! Pour participer, déposez avant le 14 mars minuit votre nouvelle sur la page Concours.
Assemblée générale de SEL : elle aura lieu le samedi 12 mars 2016. Plus de précisions à venir.

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2016/02/16 - Allez voir Lysistrata !

La Compagnie Poupées russes a le plaisir de vous annoncer de nouvelles représentations de la pièce d'Aristophane, Lysistrata, du 28 avril au 26 juin, à la Folie Théâtre à Paris.
Plus de renseignements : site web de la Folie Théâtre
Une dizaine de places à tarif réduit (1 place achetée = 1 place offerte) sont disponibles pour les membres de SEL : n'hésitez pas à nous contacter si cela vous intéresse !

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2016/01/27 - Lettre au Président de la République

Monsieur le Président de la République,
En réponse à notre demande d'audience portant sur la réforme du collège, votre chef de cabinet, Madame Isabelle Sima, nous a assuré le 13 octobre dernier que vous étiez 'à l'écoute de nos observations concernant la mise en oeuvre de l'enseignement des langues anciennes dans le cadre de cette réforme' et que vous prendriez 'à cet égard dans les mois à venir des initiatives qui attestent le prix que vous attachez aux humanités et à la langue française'.
Afin que vos annonces prennent en compte la situation scolaire actuelle du latin et du grec et renforcent les orientations égalitaires de votre politique en remédiant à la quasi disparition des langues anciennes du cursus des collégiens, nous nous permettons quelques rappels.
Madame la Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a déclaré à de multiples reprises, auprès de la représentation nationale et de divers médias, qu'avec la réforme de 2016 le grec ancien et le latin seraient toujours enseignés dans les collèges, avec le même nombre d’heures qu'auparavant. Or, dans les faits, les dispositions actuelles de la réforme aussi bien que les modalités de son application, démentent ces affirmations.
En effet, l'arrêté du 19 mai a retiré le latin et le grec de la liste des matières jusqu'à présent enseignées à titre d'option en collège, et a fait éclater leur enseignement en trois dispositifs dont la mise en place dans les établissements ne peut plus être garantie aux familles : éléments du programme de français - qui existent déjà dans les programmes actuels -, 'enseignements pratiques interdisciplinaires' (EPI) dont l'horaire doit être prélevé sur celui des autres disciplines, et 'enseignements de complément' dont l'existence ne peut être assurée, car ils dépendent de l'utilisation que feront les établissements de leur marge de fonctionnement puisque les langues anciennes n'ont pas d'horaire dédié disponible. Au mieux, cet horaire sera inférieur à l'horaire actuel de 50% en 5e, 30% en 4e et 3e et il sera partout laissé à l'appréciation des établissements qui répartiront chacun, dans le cadre de l'autonomie, leurs moyens horaires. Enfin ces trois dispositifs bancals peuvent relever de trois professeurs différents, dont l'un seulement qui soit de lettres classiques...
Avant même toute application de la réforme, nos associations ont averti que la précarité et l'atomisation du nouveau statut de ces enseignements privés d'horaire spécifique ne pouvaient que nuire aux contenus transmis, rendre plus difficilement accessible aux élèves l'intérêt que présente l'Antiquité, retarder leur implication dans leurs apprentissages, et bien évidemment de ce fait mettre à mal l'étude du latin et du grec au collège.
Vous sachant 'à l'écoute de nos observations concernant la mise en oeuvre de l'enseignement des langues anciennes dans le cadre de cette réforme', nous faisons remarquer que les premières mesures annoncées en ce moment même dans les collèges, dans le cadre de la préparation de la rentrée 2016, mettent en lumière la fragilité de la structure prévue, incapable de résister aux contraintes fixées par la nouvelle organisation du collège, et aboutissent à la baisse notable du nombre des sections et de l'horaire total accordé aux langues anciennes dans les établissements.
Faute d'heures disponibles, des établissements annoncent déjà qu'ils ne pourront respecter les assurances de Madame la Ministre, qu'ils doivent limiter l'EPI de langues et cultures de l'Antiquité à un seul niveau (alors que le BO de juillet l'étendait à l'ensemble du cycle 4 et que cet EPI aurait représenté en 5e 50%, en 4e et 3e 30% de l'horaire actuel), restreindre le nombre d'élèves étudiant les langues anciennes en n'ouvrant qu'un groupe par niveau, ou limiter l'horaire de l'enseignement de complément, voire parfois supprimer les sections de grec, réduisant ainsi l'enseignement des langues anciennes ou les effectifs de latinistes et d'hellénistes à une peau de chagrin - quand ils ne ferment pas purement et simplement l'enseignement des langues anciennes dans leur établissement.
La confusion des textes officiels amplifie le risque de disparition de nos disciplines : là où dans les textes actuellement en vigueur deux lignes et trois colonnes suffisaient à définir le statut de celles-ci au collège, il a fallu en 2015 un arrêté, un décret, deux bulletins officiels, deux documents de la DGESCO pour décrypter la complexité de la structure prévue pour les langues anciennes, deux pages de l'IGEN pour les expliquer, à la suite de quoi DGESCO et ministère n'en font pas la même lecture. Le 'choc de simplification' est décidément inconnu au ministère de l'Éducation nationale.
La réforme du collège visait - et il faut en saluer l'intention - à remédier aux inégalités scolaires. Mais faute d'un diagnostic bien posé, d'une analyse sérieuse de la réalité, et de la prise en compte des effets pervers que la réforme entraîne, elle aboutit à les renforcer.
En effet, l'apprentissage ouvert à tous des langues anciennes, et d'autres matières taxées un peu vite d' 'élitisme', a toujours concouru à la promotion des élèves défavorisés, en leur apportant le surcroît de culture et de confrontation à d'autres mondes ou d'autres modes de pensée qu'ils ne pouvaient découvrir dans leur milieu d'origine. Une étude de la DEPP5, organe statistique du ministère, soulignait récemment le rôle positif du latin dans la réussite scolaire des élèves défavorisés, et son action bénéfique pour la mixité sociale - les familles plus favorisées acceptant d'inscrire leurs enfants dans un établissement sensible avec latin, rassurées de voir qu'il offrait des possibilités de réussite, un contenu et une qualité de l'enseignement, comparables à ceux d’un établissement mieux coté.
L'amoindrissement voire la disparition de l'apprentissage du latin et du grec sont donc, surtout dans les collèges 'des quartiers' ainsi que les collèges ruraux qui par un effet d'échelle voient réduits leurs moyens horaires 'de marge', un coup sévère porté aux engagements de lutte contre les inégalités. Les disparités entre les territoires vont se renforcer et la mixité sociale va s’amenuiser, à l'heure même où l'on assure aux élèves que la République s'adresse à tous. Quand les établissements privés ou les collèges publics de certaines académies annoncent qu'ils conservent leurs sections de latin ou de grec, lorsque d'autres les perdent sans savoir pourquoi, il s'agit bien de discrimination. À l'heure de 'l'union nationale', l’Éducation du même nom fait tache.
Quant aux enseignants, ils sont en porte à faux : on leur demande de prôner l'égalité et la solidarité de tous mais ils doivent annoncer, dans le même temps, que les élèves de 5e et de 4e déjà latinistes vont devoir renoncer à leurs options ou les voir réduites, que les futurs hellénistes de 3e ne feront jamais de grec, et donc en réalité que leur collège leur apprendra moins de choses que le collège voisin, ou que l'enseignement privé est plus attrayant et plus généreux que le public... Le discours contradictoire a ses limites et ne pourra dissimuler longtemps la tromperie.
Faut-il rappeler de plus que les professeurs de lettres classiques sont aussi professeurs de français ? Voir les horaires de leur discipline amputés en 6e et en 3e, deux classes charnières, d'adaptation au collège pour la première et de propédeutique au lycée pour la seconde, renforce leur colère : l'échec des élèves est souvent un échec dans la maîtrise du français, et la réforme 2016 du collège majore leurs difficultés, en réduisant le temps d'enseignement et d'apprentissage de la langue dans ces deux classes.
Apprenant 'le prix que vous attachez aux humanités et à la langue française', sachant quel est votre souci de réunir tous les Français autour d'un idéal commun, nous vous réitérons notre demande d'audience, et notre souhait que l'on renonce à cette réforme du collège, qui ne soigne pas les maux bien réels de l'école mais conduit, dans une course aveugle, à leur amplification, au développement de l'ignorance, et à l'injustice envers les plus démunis. Seule une réforme consciente de la complexité des problèmes scolaires, portée et acceptée par une grande majorité des personnels, pourra être suivie d’effets positifs.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.
F. Martin, pour les associations APFLA-CPL (Association des Professeurs de Français et Langues Anciennes en Classes Préparatoires Littéraires), APLAES (Association des Professeurs de Langues Anciennes de l’Enseignement Supérieur), APLettres (Association des Professeurs de Lettres), CNARELA (Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes), SEL (Sauvegarde des Enseignements Littéraires), SLL (Sauver Les Lettres)

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2016/01/10 - Communiqué de presse de la CNARELA (07/01/16)

La CNARELA a été conviée par la DGESCO le 6 janvier 2016 à une réunion ayant pour objet le 'projet de programme pour l’enseignement de complément Langues et cultures de l’Antiquité'.
Elle a tenu à rappeler son opposition à la réforme du collège. Elle a dénoncé l’éclatement de l’enseignement actuel du latin et du grec entre un Enseignement Pratique Interdisciplinaire de Langues et Cultures de l’Antiquité (EPI-LCA) et un enseignement de complément (EdC). Cet
éclatement est manifeste dans le projet de programme remis à la ministre par le Conseil Supérieur des Programmes avec un mois de retard, le 17 décembre 2015.
Elle a insisté sur le maintien des horaires actuels (latin 2h en 5e - 3h en 4e - 3h en 3e ; grec 3h en 3e), avec des cours
réellement ouverts à tous les élèves qui en font la demande, sans numerus clausus imposé pour des raisons budgétaires. Elle a affirmé une nouvelle fois la nécessité de moyens fléchés avec des horaires dédiés pour le latin et pour le grec.
Elle a demandé que soit prise en compte la situation actuelle sur le terrain :
- de nombreux collègues sont opposés à la réforme qui est mise en place en même temps sur les quatre niveaux du collège à la rentrée 2016. La complexité de la structure avec les EPI ne facilite pas la lisibilité pour les élèves, les familles et les personnels ;
- le syndicat des IA a alerté la ministre, dans une lettre ouverte datée du 13 décembre 2015, sur les 'tensions inédites observées dans les établissements' et sur 'le profond abattement, voire le désarroi des professeurs de lettres classiques et d’allemand' ;
- les fermetures annoncées de groupes de latin et de grec à la rentrée 2016 et les pertes dramatiques d’heures en lettres classiques sont bien réelles alors que la ministre met en avant un accès au latin et au grec pour tous et s’est engagée devant la représentation nationale à maintenir les horaires actuels. La CNARELA constate
malheureusement que les personnels de direction, encouragés par le syndicat majoritaire SNPDEN, prennent des
libertés avec les textes.
Enfin, à propos du projet de programme, la CNARELA a tenu à souligner les points suivants :
- Il est difficile de discuter de la mise en place du programme alors que les horaires sont diminués (50% en 5e ; 30%
en 4e et en 3e), ne sont pas clairement définis et varient selon les établissements. Nous avons évoqué deux cas de
l’académie de Rouen, dans lesquels l’enseignement de complément n’est ouvert qu’en 4e et où l’EPI est
uniquement assuré en 5e.
- Notre demande de constituer un groupe de réflexion sur les programmes n’a jamais été prise en compte. Ce groupe de réflexion devrait être constitué de l’Inspection générale de Lettres, de personnels qui assurent quotidiennement des cours devant des collégiens, issus de divers établissements, et des représentants des
associations littéraires réunies. Nous avons d’ailleurs fortement regretté que les associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, SEL et SLL n’aient pas été invitées à cette réunion alors qu’elles ont toujours été reçues en audience commune avec la CNARELA depuis les premières annonces de la réforme (deux fois au cabinet de la
ministre en mars et en juillet, et une fois à la DGESCO en juillet).
- Nous avons demandé une nouvelle fois qu’une consultation nationale de l’ensemble des collègues de Lettres
classiques soit organisée au plus vite afin de recueillir les avis de collègues en activité sur le projet de programme.

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2015/12/01 - Communiqué de presse du 29 novembre 2015

Une très intéressante étude de la DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance), organe
statistique du ministère de l'Éducation nationale, analyse le poids du latin dans le parcours scolaire de 35000 élèves
entrés en 6e en 2007, jusqu'à leur obtention du baccalauréat en 2014.
Son titre maladroit, lié aux bases de l'enquête et non à ses conclusions : 'Le latin au collège : un choix lié à
l'origine sociale et au niveau scolaire des élèves en fin de 6e' a conduit des organes de presse à des intitulés vengeurs, du Monde titrant en ligne 'Le latin : une option d'élites', infléchi sur papier en 'Le latin, marqueur de réussite scolaire', à Libération proclamant sans nuances 'Qui fait du latin au collège ? Avant tout les enfants de
profs...'. Quant au Café pédagogique, pourtant volontiers sociologue, il déclenche sur la même ligne sa sirène
automatique : 'Latin et élitisme : le débat relancé par la DEPP', avec le souhait final de 'réduction des filières
élitistes'.
Faut-il rappeler à Libération que lire dans l'étude que 44% des enfants d'enseignants font du latin ne conduit pas à
comprendre que 44% des latinistes sont enfants de professeurs, et que si le journal s'était reporté à une autre publication de la DEPP, le bilan annuel 'Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la
recherche' (RERS 20155), il aurait lu p. 97 que 3,3% des collégiens sont enfants d'enseignants, et compris à la p.
127 que 44% de ces 3,3% ne peuvent constituer les 19,3 % de la population collégienne qui choisissaient le latin à
la rentrée 2014. Il aurait compris aussi que les parents des 'enfants de profs' sont aussi les professeurs des enfants des autres, et que, convaincus des vertus du savoir et de la culture pour tous, ils ont pu, vu les chiffres, pousser d'autres enfants que les leurs, et des enfants défavorisés, à faire du latin. Les données statistiques du même document permettent en effet de calculer que certes 37,5% des latinistes sont issus de milieu favorisé (donc pas seulement enseignant), mais surtout que 62,5% d'entre eux sont enfants de classes intermédiaire, moyenne
(agriculteurs, artisans, commerçants), ou défavorisée (ouvriers et chômeurs).
Leurs contresens idéologiques de lecture chagrinent chez des journalistes férus de 'désintox', et censés éclairer l'actualité, ne pas se laisser aveugler par les préjugés, ni adhérer aux slogans de la ministre de l’Éducation nationale sacrifiant le latin au nom d'un supposé élitisme.
Cette étude, au contraire, met en effet statistiquement en lumière les bénéfices de l'étude du latin, et montre que les
effets positifs de l'apprentissage de cette langue ancienne sont d'autant plus marqués pour les élèves que leur
origine sociale est défavorisée. Loin d'être la dénonciation d'une matière et encore moins d'un élitisme – puisque
93% des établissements scolaires proposaient le latin à la rentrée 2014 -, cette étude est au contraire un plaidoyer,
mathématiquement étayé, pour le rôle socialement correcteur du latin dans le domaine des inégalités scolaires et
culturelles.
Par exemple, le succès aux examens (brevet des collèges et baccalauréat) des élèves latinistes de milieu défavorisé est supérieur de 21,5 points au brevet, 23 points au baccalauréat, à celui de leurs camarades de même milieu non latinistes, alors que l'écart n'est que de respectivement 5,5 et 18 dans les milieux favorisés. Ces chiffres nets ont l'avantage de débarrasser l'enquête des biais sociologiques : si le latin apporte moins dans les milieux favorisés, c'est que d'autres facteurs familiaux ou culturels jouent le rôle du latin ; dans les classes moyennes et pauvres au contraire, rien ne peut remplacer cette matière offerte gratuitement par l'école de la République.
La réflexion sur la carte scolaire également devrait s'enrichir à la lecture de cette enquête. L'étude révèle en effet que le latin participe à la mixité sociale : les enfants de milieu favorisé fréquentent le collège d'éducation prioritaire de leur secteur quand il offre le latin. C'est une raison de développer encore cette matière, et non plus de la limiter comme le font depuis plus de dix ans tous les gouvernements, en restreignant de façon malthusienne l'accès aux sections de 5e, et en fermant des enseignements de 2nde en lycée, alors qu'ils ont eu et ont entre les mains un levier
de lutte contre des inégalités croissantes qu'ils déplorent maintenant avec des larmes de crocodile, en accusant d'injustice l'école elle- même, et non leurs politiques scolaires incompétentes. Cette mixité créée par le latin est réelle : contrairement aux clichés, 80 % des établissements ne regroupent pas les latinistes dans une classe, mais les
répartissent sur plusieurs à 57%, et sur toutes les classes à 24% (cf l'étude du CNESCO, note 4).
Une telle étude, menée par les services du Ministère lui-même, ne devrait pas informer que les journalistes, les sociologues et les parents : la ministre Najat Vallaud-Belkacem elle-même devrait la lire. Elle en tirerait plusieurs enseignements.
Que le latin lutte contre les inégalités au lieu de les conforter, que le combat contre l'injustice scolaire mérite une information documentée et non des slogans pavloviens, et que les statisticiens de ses propres services ont des capacités de dessillement idéologique dont elle devrait se servir.
Que la réforme du collège qu'elle engage en dépeçant le latin et le grec, pour un 'saupoudrage' dont elle se
vante, travaille méthodiquement et aveuglément contre les élèves, qu'elle prive de savoirs, d'égalité et de mixité ; il
faut en effet remarquer que cette étude menée de 2007 à 2014 l'a été dans une période où les programmes et les
horaires nationaux des langues anciennes leur ont préservé un statut de disciplines à part entière – le seul statut qui préserve leur vertu scolaire, culturelle et sociale.
Que démembrer ces matières est une faute intellectuelle qui ne peut procéder que d'une ignorance forte et d'une pensée hors-sol.
Que les dénaturer en kit (les EPI, monstres administratifs) va conduire à créer dans les collèges des ghettos de latinistes (comme en prévient le Syndicat des personnels de direction).
À ces titres, les associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL et SLL dénoncent et condamnent la réforme 2016 du collège, menée à marches forcées contre l'intérêt et le bien-être des élèves, les convictions des professeurs, le respect des disciplines et du savoir, et dans l'ignorance la plus complète des mécanismes réels en
oeuvre à l'école et dans la société. Elles réclament une fois de plus le maintien du latin et du grec comme disciplines du collège, ouvertes à tous, et garanties nationalement par un horaire dédié.

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2015/10/28 - Ouverture du concours de la nouvelle !

Le concours de la nouvelle Jacqueline de Romilly est ouvert. Pour cette deuxième édition, les règles n'ont pas changé : tous les élèves de lycée ou de CPGE peuvent participer et tenter de gagner de nombreux prix. Le thème reste inchangé : un lien, même ironique, avec l'antiquité sera apprécié. Rendez-vous sur la page Concours de notre site pour connaître toutes les informations et déposer votre nouvelle quand celle-ci sera prête !
Clôture du concours le 14 mars 2016.

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2015/10/08 - Sans racines et sans ailes. La contre réforme du collège

Nous retranscrivons ici le texte d'une tribune de Pascal Charvet et Arnaud Zucker, que seul le JDD a fait paraitre (le 4 octobre 2015).
'A l’heure où l’OCDE publie sur l’école les résultats catastrophiques de l’expérience suédoise, qui applique depuis 1990 les principes qui ont inspiré le projet de la ministre, la réforme du collège est d’ores et déjà condamnée. Les 'exigences' agitées par les discours officiels comme un certificat de vertu républicaine (lutte contre les inégalités, renforcement des savoirs fondamentaux, adaptation à la diversité des élèves) sont en parfaite contradiction avec les mesures qu’introduit la réforme : les inégalités seront renforcées, les savoirs fondamentaux évaporés, la diversité éliminée.
Ni les classes bi-langues ni les classes européennes ni les enseignements de langues et cultures de l’antiquité, ni ceux de la découverte professionnelle ne seraient affectés par cette réforme, nous dit-on. Dans la vraie vie, ces enseignements innovants vont disparaître en 2016, happés par le grand bazar que sont les nouveaux Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) et Enseignements complémentaires, à la discrétion des chefs d’établissement et, pour l’EPI de Latin et de Grec, cantonné à la seule classe de 5ème.
L’école a toujours eu pour ambition d’éveiller tous les esprits et tous les talents, d’offrir de la diversité et de tendre vers le mieux pensant au lieu de se plier au moins disant. Niveler les formations, comme le fait la réforme, ne rendra pas meilleurs les élèves les plus en difficulté. L’égalité qui n’encourage pas chaque enfant à exprimer le meilleur de lui-même mais supprime pour ceux qui viennent des milieux les plus démunis la possibilité d’apprendre plus que le minimum, c’est l’égalité de la hache. Et parce que cette réforme esquive les causes profondes des inégalités et des ségrégations à l’école, elle va immanquablement les accroître.
La mise en place des nouveaux programmes de 'Langues et cultures de l’antiquité' au collège et au lycée s’était accompagnée en 2007 d’un manifeste qui témoignait des pratiques propres à ces disciplines : elles se sont radicalement renouvelées et sont aujourd’hui 'absolument modernes'. Tout en prétendant vouloir 'démocratiser' le latin, la réforme liquide la troisième langue étudiée au collège, et un enseignement culturel démocratique et même 'plébiscité'.
A force de s’interdisciplinariser (sic), les disciplines se noient. Si l’on ne distingue pas les couleurs, comment pourrait-on les combiner ? Là encore la réforme fait fausse route en imposant des hybridations qui ne peuvent remplacer la maîtrise des connaissances, et qui formalisent lourdement et de travers une pratique de l’enlacement des savoirs qui existe déjà depuis longtemps. Sous une forme flexible et pragmatique, les enseignants pratiquent déjà la transdisciplinarité, trouvant souvent dans le théâtre et les arts un catalyseur naturel, dans le numérique un medium stimulant et dans les sciences intégrées un croisement bénéfique.
Alors fallait-il réformer? Oui ! Mais ces mesures passent à côté des problèmes et ne réussissent qu’à dévaster le collège et à révolter la communauté éducative. C’est bien au nom d’une lutte efficace contre les inégalités qu’il faut rejeter cette réforme si pavlovienne dans ses principes et prévisible dans ses effets. S’il y a un malentendu, comme le clame la Ministre, il est entre elle et le réel. Loin de donner, comme elle dit en avoir l’ambition, des ailes aux enfants, sa réforme va les priver de racines'.
Pascal Charvet, Inspecteur général des Lettres honoraire et Arnaud Zucker, professeur des Universités.
Signataires : Pierre Encrenaz, président de Sciences à l’école, membre de l’Institut, Heinz Wismann, philologue et philosophe, EHESS, Pierre Judet de la Combe, Directeur d’études, EHESS, Michel Zink, professeur au Collège de France, Michael Edwards de l'Académie française, professeur honoraire au Collège de France Jean-Pierre Demailly, mathématicien, membre de l’Institut, Antoine Danchin, biologie moléculaire, cellulaire, et génomique, membre de l’Institut, Florence Dupont, professeur des Universités à Paris-VII, François Regnault, philosophe et dramaturge, Daniel Mesguich, metteur en scène, Yves Meyer, Sciences mécaniques et informatiques, membre de l'Institut, F. A. of the National Academy of Sciences (USA), Paul Demont, professeur des Universités à Paris Sorbonne, John Bulwer, Président d’Euroclassica, Monique Trédé, Professeur des universités à l’ENS ULM, Patrick Dandrey, professeur des Universités à Paris Sorbonne, Luc Fraisse, professeur des Universités à U. de Strasbourg, membre de l’Institut, Jean-François Cottier, professeur des Universités et directeur de l’enseignement en prison à Paris VII, Alexandre Grandazzi, professeur des Universités à Paris Sorbonne.

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