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<div id='slidertitre'><h1 title='Bilan : Compte rendu de l'audience du 07/07/16 au MEN'>Bilan : Compte rendu de l'audience du 07/07/16 au MEN</h1></div><div id='slidertexte'><p>Étaient présents :<br/>• pour le ministère :<br/>- Agathe Cagé, conseillère en charge du second degré, des programmes et de l'évaluation des élèves ;<br/>- Ghislaine Desbuissons, mission de l’accompagnement et de la formation (DGESCO).<br/>• pour chacune des associations :<br/>- Florence De Caigny, Renaud Viard APFLA-CPL ;<br/>- Marie-Rose Guelfucci, APLAES ;<br/>- Romain Vignest, APLettres ;<br/>- François Martin, CNARELA ;<br/>- Monique Trédé, Victor Gysembergh, SEL ;<br/>- Estelle Manceau, SLL.<br/>Les associations ont remercié le ministère d’avoir répondu favorablement et rapidement à leur demande d’audience commune. Elles ont présenté les trois points qu’elles souhaitaient aborder lors de l’audience : le collège et les difficultés persistantes engendrées par la nouvelle réforme ; le lycée ; le supérieur. Agathe Cagé nous a assuré que la ministre souhaitait faire le point avec nous avant les vacances.<br/><strong>1) Le collège :</strong><br/>François Martin présente d’abord les résultats du sondage effectué par la CNARELA sur la mise en place de la réforme du collège : 450 établissements répartis sur 25 académies ont répondu. L’EPI-LCA serait mis en place dans 93% des établissements (ce qui correspond à peu près aux établissements qui proposent actuellement le latin). Comme cela était à redouter, il est concentré sur le niveau 5e dans 3 établissements sur 4. Les directives du SNPDEN-UNSA (syndicat des personnels de direction) semblent avoir été suivies, malheureusement relayées par certains IA-IPR.<br/>Le B.O. n° 27 du 2 juillet 2015 qui rappelle que cet EPI est dérogatoire et peut avoir lieu sur les trois années ne semble pas du tout pris en compte par les chefs d’établissement.<br/>Cet EPI est principalement pris sur les heures de français (presque 50% des cas) et ne durera pas toute l’année pour les élèves, surtout s’il est mis en place en 5e, quand on veut toucher l’ensemble des divisions : plus de la moitié des établissements ont subi cette diminution. <br/>L’organisation de l’EPI varie beaucoup d’un établissement à l’autre (trimestre, semestre...). 1 établissement sur 10 propose un EPI latin + grec. L’EPI serait assuré par un collègue de LC dans plus de la moitié des établissements, mais 20% des établissements proposeraient des EPI sans professeur de LC, ce qui est inacceptable pour l’enseignement des langues anciennes.<br/>Quelques établissements ne respectent pas les horaires de l’EdC (1h-2h-2h). Le Cabinet nous a pourtant dit que ces horaires n’étaient pas négociables en juillet 2015. Les établissements qui avaient plusieurs groupes sont très souvent limités pour l’ouverture en 5e : un seul groupe (ou alors des propositions de deux groupes mais un par semestre !).<br/>Le grec disparaît (ou son horaire est diminué) dans plus de la moitié des établissements. Plus de 20% des établissements abandonnent cet enseignement. Les dotations trop faibles, en particulier sur les petits établissements, sont la cause principale de cette fermeture. Le cumul latin + grec n’est pas possible dans un établissement sur deux et l’EPI spécifique de grec, évoqué par le cabinet de la ministre lors de l’audience de juillet 2015, n’est quasiment jamais proposé. <br/>À la suite de ces constats, François Martin présente plusieurs cas concrets pour faire connaître au ministère la réalité des situations sur le terrain. Plusieurs ARELA (Toulouse, Créteil, Versailles, Strasbourg, Rouen, Besançon, Clermont-Ferrand) ont été citées à ce moment sur des exemples précis qui montraient : <br/>- la disparité de l’offre entre les établissements <br/>- le pouvoir du chef d’établissement <br/>- le non respect des textes officiels. <br/>Marie-Rose Guelfucci intervient pour signaler aussi des cas de regroupements de niveaux.<br/>À propos d’un cas évoqué dans l’académie de Strasbourg, où le latin a été supprimé en enseignement de complément pour maintenir la bilangue allemand, Agathe Cagé répond que les bilangues ont été maintenues et que la dotation a été abondée en ce sens. Des moyens existent donc pour le latin. Elle souligne le fait que les cas présentés sont des cas à la marge. François Martin précise aussitôt qu’il s’agit non pas de cas à la marge mais seulement de quelques exemples de difficultés rencontrées par plusieurs établissements (une trentaine par académie). Il demande que le ministère prenne davantage conscience de la situation réelle sur le terrain. Agathe Cagé évoque des situations différentes sur le terrain et souligne que les cas où le résultat est positif ne sont pas des batailles gagnées mais des dialogues et des échanges dans les établissements. Nous insistons pour dire combien il s’agit de batailles : convaincre les collègues de donner une heure pour l’EPI, la direction d’accepter tous les élèves... Le ministère n’a pas conscience du travail effectué par les collègues de lettres classiques chaque année. Agathe Cagé met en avant les actions dans l’académie d’Aix-Marseille (brochure pour les élèves de 6e qui incite chacun à s’inscrire en latin, construction d’EPI latin et grec), rappelle les actions qui valorisent, montrent les apports des LCA tant sur la langue que la culture et la civilisation. Les formations ont présenté des richesses. Elle y voit de belles dynamiques même si l’on trouve encore des établissements problématiques. Nous intervenons pour dire que nous sommes d’accord sur les actions de promotion. Mais comment faire sans moyens propres ? Cette absence fragilise chaque année l’existence des enseignements de latin et de grec. Par ailleurs, certaines formations ont montré leurs limites (simple lecture des nouveaux programmes, absence de réponses aux questions des professeurs). Ghislaine Desbuissons intervient à propos du travail engagé au niveau de la formation en LCA :<br/>- premier volet : des ressources (accompagnements des programmes LCA) seront prochainement diffusées en ligne (Inspection générale et enseignants responsables des travaux).<br/>- deuxième volet : au Plan National de Formation (PNF), le Rendez-Vous de Lettres en novembre à la BNF accordera une place certaine aux LCA ; un séminaire dédié aux LCA aura lieu au printemps 2017.<br/>- troisième volet : formation parcours magistère (Florence Dupont et Barbara Cassin) à destination des enseignants de LC mais aussi ouvert aux autres disciplines (pour le travail sur l’EPI).<br/>Monique Trédé intervient à propos du parcours magistère : il faut aussi écouter les gens qui sont sur le terrain et pas seulement ceux qui n’y sont plus depuis de nombreuses années, surtout dans le secondaire. À propos du sondage, Agathe Cagé revient sur les 93% d’EPI LCA. Elle fait remarquer que le ministère envisageait de conserver a minima l’existant. Nous rappelons quand même plusieurs cas de fermetures et suppressions de postes. Elle souligne certaines créations en grec, que nous confirmons (académie de Bordeaux) et nuançons sachant que certains établissements ne proposeront plus le grec à la rentrée. Nous faisons remarquer que cela entraîne une fois de plus des disparités entre académies, préjudiciables aux élèves.<br/>Nous abordons ensuite le nouveau brevet, pour lequel des points supplémentaires sont proposés pour un enseignement de complément d’après l’article 8 de l’arrêté : 'Des points supplémentaires sont accordés aux candidats ayant suivi un enseignement de complément selon le niveau qu'ils ont acquis à la fin du cycle 4 au regard des objectifs d'apprentissage de cet enseignement : 10 points si les objectifs d'apprentissage du cycle sont atteints ; 20 points si les objectifs d'apprentissage du cycle sont dépassés. Le niveau atteint est apprécié par l'enseignant ayant eu en charge l'enseignement de complément suivi par l'élève.' Nous demandons pourquoi un seul enseignement de complément est pris en compte et si la possibilité d’étudier latin et grec en 3e est de ce fait annulée. Nous demandons à ce que soit reconnu l’investissement des élèves en latin et en grec et rappelons que la CNARELA insiste depuis longtemps pour que cette reconnaissance soit effective. Nous regrettons que le nouveau brevet n’ait pas été l’occasion de cette reconnaissance. Agathe Cagé répond qu’un seul enseignement de complément sera pris en compte, comme cela est le cas actuellement pour les options. Elle souligne qu’aujourd’hui, un élève peut gagner au maximum 10 pts (sur un total de 200 pts), après la réforme, il pourra en gagner 20 (sur un total de 400 pts), il n’y a donc aucun changement.<br/>Nous demandons que la prise en compte des points des deux enseignements soit effective.<br/>Nous présentons ensuite nos remarques sur la brochure d’information à l’attention des parents pour le nouveau collège 2016. Nous sommes surpris de voir combien les enseignements de complément de latin et de grec apparaissent en petits caractères et surtout nous dénonçons le manque d’information aux parents sur les horaires de ces enseignements qui n’apparaissent nulle part. Il n’est pas non plus question sur la seconde page des points supplémentaires pour le nouveau brevet. Enfin, nous regrettons l’absence dans le calendrier de la semaine de l’Antiquité (mars 2017). Agathe Cagé précise que cette brochure d’information se voulait la plus accessible possible et que toutes les possibilités de langues vivantes ne sont pas non plus présentées. Les informations essentielles se trouvent seulement sur cette présentation. Elle fait état d’une brochure beaucoup plus détaillée proposée par l’ONISEP, de documents parfois établis par les établissements eux-mêmes et de ressources disponibles également sur le site du ministère.<br/>• Après avoir évoqué ces difficultés, <strong>nous demandons :</strong><br/>- que notre demande réitérée d’<strong>horaires fléchés</strong> dans les dotations soit prise en compte pour le latin comme pour le grec afin de mettre un terme aux difficultés que rencontrent encore trop souvent les collègues, les élèves et leurs parents.<br/>- que notre proposition faite lors de l’audience du 31 mars à propos <strong>des langues anciennes dans les cours de français en 6e</strong> soit prise en considération, comme nos autres propositions.<br/>- une <strong>heure supplémentaire</strong> pour l’Enseignement de complément <strong>en 5e</strong>.<br/>Agathe Cagé souligne que certaines propositions étaient intéressantes sur les 6e mais que rien ne sera modifié pour la rentrée 2016. Il y aura peut-être des évolutions quand le recul sera suffisant mais d’ici septembre, il ne faut attendre aucun changement. À propos de l’EC fléché, Agathe Cagé nous a rappelé qu’il existait déjà une enveloppe de marge mais qu’elle n’écartait pas le problème souligné dans nos interventions.<br/>Elle a également rappelé la création de 4000 postes, une enveloppe beaucoup plus importante qu’auparavant (passage en 2017 de 2,75 h/classe à 3h pour la marge).<br/>Estelle Manceau demande si cette enveloppe sera reconduite. Agathe Cagé annonce que l’enveloppe a été multipliée par 5,5 à la rentrée 2016 et le sera par 6 à la rentrée 2017 (passage de 2,75 h de marge à 3h). Agathe Cagé répond que le choix de ne pas flécher les horaires permet aux équipes de fonctionner avec davantage d’autonomie. Nous insistons sur les horaires et dénonçons une fausse autonomie : peu de moyens et de nombreuses heures à mettre en place (petits groupes de travail dans plusieurs matières par exemple), il ne reste pas assez d’heures pour les latin et le grec, d’où notre insistance. <br/>Estelle Manceau soulève le problème posé dans l’EPI LCA concernant les professeurs qui n’ont reçu aucune formation en latin et grec : comment transmettre l’héritage linguistique de la sorte ? Agathe Cagé rappelle que les programmes sont transversaux, il faut du temps pour digérer ces nouvelles dispositions d’enseignements. François Martin dénonce au contraire parfois le manque de cohérence : le programme d’histoire en 6e aborde largement l’Antiquité, cela aurait sans doute été pertinent d’accorder une certaine place au latin et au grec en 6e, ce qui n’a pas été fait.<br/>Marie-Rose Guelfucci intervient pour rappeler l’importance du latin et du grec dans le secondaire pour la poursuite des études dans le supérieur : les étudiants de différents cursus ont besoin du latin et du grec, en droit, en histoire de l’art, en histoire, entre autres (en histoire, par exemple, l’accès aux sources risquerait de se faire uniquement par traductions sans avoir de réelle possibilité de contrôler celles-ci). Les élèves du secondaire doivent avoir une base. Sans horaire fléché et heures réservées, les langues anciennes seront toujours à la marge. La recherche elle-même, forte à l’international, est clairement menacée.<br/>Agathe Cagé affirme que le ministère va suivre la recherche universitaire. Le but de la réforme est de maintenir, renforcer et élargir les LCA. Les programmes sont d’ailleurs ambitieux, comme l’a souligné l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres. Il n’y a pas de volonté de supprimer le latin et le grec selon elle car de nombreux efforts ont été faits.<br/>Monique Trédé revient sur les disparités au sein des académies et sur les possibles fuites dans le privé. Agathe Cagé affirme qu’il n’y a pas de fuite vers le privé à cause de la réforme. Monique Trédé rappelle qu’on incite fortement les élèves du privé à faire du latin dans certains établissements. Agathe Cagé rappelle que le privé sera soumis aux mêmes règles que le public en ce qui concerne des EPI et des enseignements de complément.<br/><strong>2) Le lycée :</strong><br/>François Martin présente les résultats du sondage effectué par la CNARELA sur le lycée : 185 établissements ont répondu, répartis sur 25 académies.<br/>- Le latin est beaucoup plus présent que le grec (et ce dernier n’est jamais la seule option de LCA dans le cas d’une option unique) : 80% des établissements.<br/>- Les lycées proposent l’enseignement d’exploration LCA mais il est totalement éloigné de l’esprit du texte du fait de difficultés financières : les horaires, qui ne sont pas fléchés, ne permettent pas d’ouvrir l’enseignement d’exploration et l’option. Les deux ont donc lieu sur le même horaire dans presque tous les établissements.<br/>- Une grande majorité d’établissements ne respecte pas les horaires officiels de 3h. De nombreux cas de regroupements sont évoqués lorsque l’horaire est respecté (1ère-Terminale).<br/>- Les incertitudes sont très grandes pour la rentrée 2016 : la moitié des établissements n’est pas certaine de conserver les enseignements actuels. L’entrée en 2nde est une fois de plus inquiétante avec le nouvel enseignement d’informatique créé à la rentrée ('ICN', Informatique et Création Numérique), le manque de moyens fléchés. Le grec ancien, là où il existe encore, est particulièrement menacé.<br/>Nous demandons si une réforme du lycée est à venir après les modifications nombreuses au collège. Nous rappelons la proximité des EPI et des Enseignements d’exploration quant au manque de moyens pour les assurer.<br/>François Martin intervient enfin sur deux points concernant le baccalauréat :<br/>- la demande de la CNARELA, votée en assemblée générale, de fournir <strong>les listes d’oral du bac</strong> un peu avant les épreuves, comme cela est le cas en français en 1ère. Il communique la réponse curieuse de la DGESCO à cette demande, qui invoque le respect de l’anonymat des élèves.<br/>- la <strong>série technologique</strong> : les élèves qui étudient le latin et/ou le grec en 2nde et qui se dirigent vers une série technologique ne peuvent pas poursuivre l’option et la présenter au bac. Nous regrettons cette situation depuis longtemps et avons déjà demandé au ministère de réfléchir sur ce point. Nous demandons que cette possibilité soit offerte, surtout dans cette période où la ministre affiche volontiers le 'latin pour tous' dans les médias.<br/>Agathe Cagé répond qu’il n’y aura pas de modifications pour le lycée, le calendrier n’est pas adapté : il faut du temps pour la mise en oeuvre et la préparation de la formation. Le bilan de la réforme Châtel est engagé avec les syndicats. Un premier texte de constat devrait être livré prochainement. De nombreux changements ont eu lieu dans le premier degré et le collège, ainsi que dans la voie professionnelle. Des adaptations sont déjà mises en place au lycée (en SES, Histoire-géographie en terminale, évaluation des LV). L’introduction de l’enseignement «ICN» est une nouveauté, avec la création d’une option en 1ère pour les trois séries (L, ES, S) et en Terminale (ES, L, la série S propose déjà une option ISN, Informatique et Sciences du Numérique). Nous faisons part de nos inquiétudes et de notre surprise à propos de cette «option» : on entend souvent que le bac est déjà surchargé par les options et on en crée une nouvelle qui va encore concurrencer les autres. Si le numérique a toute sa place dans l’ensemble des enseignements (nous rappelons que les collègues de lettres classiques n’ont pas attendu cette option pour s’emparer des nouvelles technologies), nous alertons sur les effets de mode que peut déclencher ce genre d’option. Rien n’est dit sur la prise en charge de cette option : professeur d’informatique ? Tout professeur de lycée ?<br/>Marie-Rose Guelfucci rappelle que les étudiants des autres filières ou même de lettres classiques à l’université sont de plus en plus nombreux à commencer une langue ancienne ou les deux langues après le bac, car l’offre (qui ne répond pas nécessairement aux demandes au lycée) ou les conditions d’enseignement dans le secondaire sont trop dégradées pour que les élèves aient pu accéder aux langues anciennes. Elle souligne également la création d’Antiquité Avenir, qui fédère des associations très différentes qui touchent à l’Antiquité et montre que les langues anciennes ont une dimension bien plus large que celle dans laquelle on veut les enfermer. Agathe Cagé insiste pour montrer que la réforme veut inverser la tendance dans le passage 3e/2nde.<br/>François Martin rappelle que les enseignements de latin et de grec au collège forment déjà tous les élèves qui peuvent acquérir un bagage à l’entrée du lycée général mais aussi du lycée professionnel : il ne faut pas oublier ces élèves qui ne continuent pas dans la voie pro. Il rappelle d’ailleurs que les nouveaux programmes, dans leur préambule, soulignent enfin que les enseignements de latin et de grec forment un tout au collège. Il est important de motiver les élèves à continuer d’étudier ces langues mais la concurrence des options au lycée, les difficultés pour les inscriptions, les horaires dissuasifs sont autant de freins pour les élèves. L’enseignement d’exploration qui a été vendu comme une grande révolution pour attirer beaucoup d’élèves en latin et en grec n’a pas fonctionné car il a été complètement étouffé dès sa création faute de moyens. Parfois, des liaisons sont établies entre lycée de secteur et collèges, des résultats sont encourageants mais il faut aussi que les chefs d’établissement s’investissent et que les rectorats donnent les moyens d’assurer les options.<br/>Florence de Caigny rappelle l’importance d’écouter les professeurs qui sont sur le terrain. Dans les classes préparatoires littéraires, les élèves ont l’obligation de suivre une langue ancienne. Or, la chute du nombre de confirmés est importante : de plus en plus d’étudiants sont débutants dans les deux langues, ce qui rend plus lourd leur apprentissage dans la perspective d’une spécialisation en lettres classiques l’année suivante pour les étudiants désireux de s’orienter dans cette voie. Cela pourrait même être une source de découragement. Il faut donc garder une dynamique au collège et au lycée. En outre, la recherche sera bloquée si l’accès aux langues anciennes est si compliqué. À propos de l’heure de culture antique en classe prépa, Florence de Caigny souligne que l’étude ne prend tout son sens et sa richesse qu’avec la traduction et le commentaire des textes en langue originale dans le cadre des heures d’enseignement des langues anciennes. <br/>Renaud Viard intervient pour dire qu’il faut repenser la filière L au lycée, les effectifs de latin et de grec sont surtout nombreux en section S. La réforme Châtel est un échec car elle prévoyait une refondation de la filière littéraire. Agathe Cagé reconnaît qu’un rééquilibrage dans les séries est nécessaire et que l’objectif n’a pas été atteint. Les séries technologiques en revanche ont été redynamisées (STMG par exemple). <br/>Estelle Manceau insiste sur les enjeux au niveau de la langue, de la culture grammaticale : les langues anciennes permettent d’avoir des acquis précieux pour tous. La continuité dans la scolarité est fondamentale. Agathe Cagé nous assure que la ministre insiste pour l’accès au latin, donc les structures sont regardées de près avec les recteurs. Elle reste attentive à notre proposition sur la série technologique et nous demande de lui communiquer les courriers envoyés à la DGESCO au sujet du baccalauréat.<br/><strong>3) Le supérieur :</strong><br/>Marie-Rose Guelfucci évoque le nombre de candidats au CAPES, qui comme dans d’autres disciplines, est très inquiétant. Elle rappelle ce qu’est, à l’intérieur du CAPES Lettres, l’épreuve de l’écrit du CAPES en Lettres classiques avec deux versions et une question de didactique en 6h seulement, à la fin d’une année où les étudiants doivent s’être formés en outre à la pratique de l’enseignement. Beaucoup d’étudiants s’inscrivent en master recherche et non en master MEEF (enseignement), pour pouvoir mieux se former sur le fond par la pratique des textes originaux. Marie-Rose Guelfucci rappelle que les futurs professeurs sont appelés à enseigner le français, le latin et le grec. Si l’on veut vraiment élargir l’accès des élèves aux langues anciennes, il faudrait réfléchir à une épreuve de qualité maintenant latin et grec, mais qui ne défavorise pas les candidats. Des étudiants de LC préfèrent ainsi passer le CAPES option Lettres modernes avec l’option latin à l’oral. <strong>Une réflexion sur le concours doit être menée de façon concertée.</strong> L’APLAES demande à y être associée et demandera une audience à la rentrée. Elle souligne que les enseignants du supérieur sont <strong>chercheurs mais aussi formateurs</strong> et qu’ils sont nombreux dans les jurys des concours qu’ils connaissent parfaitement dans leur fonctionnement et leurs résultats. Marie-Rose Guelfucci s’étonne que le supérieur ait été si peu sollicité pour la réforme du collège. À propos des futures formations, elle rappelle que les universitaires interviennent déjà dans le secondaire (stages de formation continue, dispositif 'une classe, un chercheur' pouvant être élargi aux ESPE par exemple). Agathe Cagé est intéressée par ce dispositif et souhaite avoir plus d’informations. Les formations ont été trop rapides, sur un temps trop bref. Les plans académiques de formation ont plus ou moins présenté une offre en forte diminution ces dernières années, ce qui est dommageable. </p></div><a href='actions-page1-details.php?id=26' id='lirelasuite'>Lire la suite</a> <div id='slidertitre'><h1 title='Actualité : Résultats du concours !'>Actualité : Résultats du concours !</h1></div><div id='slidertexte'>Date : 2016-05-19<p>Le jury du concours de la nouvelle Jacqueline de Romilly a délibéré et les résultats sont désormais en ligne sur notre <a href="http://www.sel.asso.fr/concours.php">page Concours</a>. Merci à tous d'avoir participé !</p></div><a href='actualite.php?id=67' id='lirelasuite'>Lire la suite</a> <div id='slidertitre'><h1 title='Actualité : Tribune commune publiée dans l'Humanité'>Actualité : Tribune commune publiée dans l'Humanité</h1></div><div id='slidertexte'>Date : 2016-03-22<p>Le regroupement des associations APLettres, APLAES, APFLA-PCL, CNARELA, SEL et SLL ont publié <a href="http://www.humanite.fr/maintenant-comment-sauver-les-enseignements-du-grec-et-du-latin-602598">une tribune intitulée ''Sortir par le haut''</a>, dans <em>l'Humanité</em> du 22 mars 2016. Vous trouverez ci-dessous le texte de cette tribune. <br/>Sauver le latin et le grec ? Il s'agit avant tout de ne pas les laisser perdre : affaire de volonté politique. Or le ministère a fait retirer des grilles des matières enseignées les options de latin et de grec en pulvérisant ces disciplines pour créer un système bancal, sans obligation de mise en place dans les établissements : Enseignement pratique interdisciplinaire (EPI) de Langues et Cultures de l'Antiquité (LCA) et éventuellement quelques heures de cours ''de complément''. L'ensemble a été bétonné par un discours mensonger, prétendant que les langues anciennes étaient aujourd'hui réservées à une élite tandis que le nouveau système les ouvrirait à tous, et que les horaires actuels seraient conservés.<br/>Privilèges, les langues anciennes ? 93% des collèges - dont les Zones d’Éducation Prioritaire - offrent aujourd’hui le latin et parfois aussi le grec ! La DEPP, service statistique du ministère, vient même de démontrer que l’étude du latin, loin d'être l'apanage d'une élite, participait à la réussite des élèves défavorisés, à la mixité sociale, et corrigeait les inégalités. Maintenus, les horaires ? Ils ont été sabrés pour la rentrée 2016 : 50% de moins en 5e et 30% en 4e et 3e, véritable insulte aux milieux populaires.<br/>Une telle politique atteint son but : d’après les premiers sondages pour la rentrée, 93% des collèges voient baisser leurs horaires, 28% des sections de grec ferment ; l’EPI LCA occupe moins de 36 heures dans 66% des collèges et supprime une heure de français dans 44%, il est assuré par un professeur qui n’a jamais étudié le latin ni le grec dans 20% ; 50% des collèges n’ouvriront qu’un seul groupe en 5e même si beaucoup d’élèves désirent s’inscrire, 75% n’ouvrent pas d’EPI latin en 4e et en 3e , 98% n’ouvriront pas l’EPI axé sur le grec en 3e.<br/>Le bilan est clair. Le grec est sacrifié alors que les effectifs d'hellénistes progressaient en collège et en lycée. Les horaires d'enseignement ne sont plus garantis, et cette précarité ruine les vertus linguistiques, culturelles et interdisciplinaires du latin et du grec. Les élèves sont perdants sur tous les tableaux.<br/>Le futur statut des langues anciennes est l'image extrême de ce que va devenir le collège avec une réforme que la droite n’aurait pas mieux réussie : un endroit où les élèves, sur quatre années, auront reçu, toutes matières confondues, des centaines d’heures de cours de moins que leurs aînés, le tout dans un désordre profondément inégalitaire.<br/>Le ministère a refusé les propositions de nos associations. Le Conseil Supérieur des Programmes a été contraint de regrouper les niveaux de 5 e et de 4 e tant l’horaire est amputé. Les horaires de lycée continuent de chuter, le recrutement des professeurs de lettres classiques a perdu son CAPES spécifique, les études universitaires et la qualité de la recherche française sont directement menacées de tarissement.<br/>Sauver le latin et le grec, c’est protéger leur enseignement. Si l’on est de gauche, c’est favoriser les chances des plus démunis d’y accéder partout, pleinement, et non au rabais. Or cette réforme qui étouffe l’ambition n’accorde plus de confiance à ceux qui seront les citoyens de demain et infirme le rôle de l'éducation, « acte de foi dans la valeur de la personne humaine raisonnable et éducable » selon Jaurès. Pourquoi les élèves capables de suivre aujourd’hui des options exigeantes ne le seraient-ils plus à la rentrée 2016 ? À la différence du ministère, nous croyons dans le potentiel de chacun de nos élèves, et voulons, depuis des années, que les options de latin et de grec, ce surcroît de culture et de confrontation à d'autres mondes ou d'autres modes de pensée, soient accessibles à tous. </p></div><a href='actualite.php?id=66' id='lirelasuite'>Lire la suite</a> <div id='slidertitre'><h1 title='Actualité : Mobilisation et pétition'>Actualité : Mobilisation et pétition</h1></div><div id='slidertexte'>Date : 2016-03-10<p>Nous relayons un appel à la mobilisation et à la signature d'une pétition du <a href="http://collectifcondorcet.wix.com/collectifcondorcet">Collectif Condorcet</a> (Appel national pour sauver l'école de la République). </p></div><a href='actualite.php?id=65' id='lirelasuite'>Lire la suite</a>

Actualités

2016/09/20 - Compte rendu de l'audience du 07/07/16

Retrouvez le compte rendu de l'audience accordée par le Ministère de l'Éducation nationale en juillet au regroupement d'associations d'enseignants de lettres. Il y est question des problèmes de la réforme du collège, de la poursuite de l'option latin ou grec au lycée dans toutes les filières et du CAPES et de l'investissement des enseignants du supérieur dans le secondaire.

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2016/05/19 - Résultats du concours !

Le jury du concours de la nouvelle Jacqueline de Romilly a délibéré et les résultats sont désormais en ligne sur notre page Concours. Merci à tous d'avoir participé !

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2016/03/22 - Tribune commune publiée dans l'Humanité

Le regroupement des associations APLettres, APLAES, APFLA-PCL, CNARELA, SEL et SLL ont publié une tribune intitulée ''Sortir par le haut'', dans l'Humanité du 22 mars 2016. Vous trouverez ci-dessous le texte de cette tribune.
Sauver le latin et le grec ? Il s'agit avant tout de ne pas les laisser perdre : affaire de volonté politique. Or le ministère a fait retirer des grilles des matières enseignées les options de latin et de grec en pulvérisant ces disciplines pour créer un système bancal, sans obligation de mise en place dans les établissements : Enseignement pratique interdisciplinaire (EPI) de Langues et Cultures de l'Antiquité (LCA) et éventuellement quelques heures de cours ''de complément''. L'ensemble a été bétonné par un discours mensonger, prétendant que les langues anciennes étaient aujourd'hui réservées à une élite tandis que le nouveau système les ouvrirait à tous, et que les horaires actuels seraient conservés.
Privilèges, les langues anciennes ? 93% des collèges - dont les Zones d’Éducation Prioritaire - offrent aujourd’hui le latin et parfois aussi le grec ! La DEPP, service statistique du ministère, vient même de démontrer que l’étude du latin, loin d'être l'apanage d'une élite, participait à la réussite des élèves défavorisés, à la mixité sociale, et corrigeait les inégalités. Maintenus, les horaires ? Ils ont été sabrés pour la rentrée 2016 : 50% de moins en 5e et 30% en 4e et 3e, véritable insulte aux milieux populaires.
Une telle politique atteint son but : d’après les premiers sondages pour la rentrée, 93% des collèges voient baisser leurs horaires, 28% des sections de grec ferment ; l’EPI LCA occupe moins de 36 heures dans 66% des collèges et supprime une heure de français dans 44%, il est assuré par un professeur qui n’a jamais étudié le latin ni le grec dans 20% ; 50% des collèges n’ouvriront qu’un seul groupe en 5e même si beaucoup d’élèves désirent s’inscrire, 75% n’ouvrent pas d’EPI latin en 4e et en 3e , 98% n’ouvriront pas l’EPI axé sur le grec en 3e.
Le bilan est clair. Le grec est sacrifié alors que les effectifs d'hellénistes progressaient en collège et en lycée. Les horaires d'enseignement ne sont plus garantis, et cette précarité ruine les vertus linguistiques, culturelles et interdisciplinaires du latin et du grec. Les élèves sont perdants sur tous les tableaux.
Le futur statut des langues anciennes est l'image extrême de ce que va devenir le collège avec une réforme que la droite n’aurait pas mieux réussie : un endroit où les élèves, sur quatre années, auront reçu, toutes matières confondues, des centaines d’heures de cours de moins que leurs aînés, le tout dans un désordre profondément inégalitaire.
Le ministère a refusé les propositions de nos associations. Le Conseil Supérieur des Programmes a été contraint de regrouper les niveaux de 5 e et de 4 e tant l’horaire est amputé. Les horaires de lycée continuent de chuter, le recrutement des professeurs de lettres classiques a perdu son CAPES spécifique, les études universitaires et la qualité de la recherche française sont directement menacées de tarissement.
Sauver le latin et le grec, c’est protéger leur enseignement. Si l’on est de gauche, c’est favoriser les chances des plus démunis d’y accéder partout, pleinement, et non au rabais. Or cette réforme qui étouffe l’ambition n’accorde plus de confiance à ceux qui seront les citoyens de demain et infirme le rôle de l'éducation, « acte de foi dans la valeur de la personne humaine raisonnable et éducable » selon Jaurès. Pourquoi les élèves capables de suivre aujourd’hui des options exigeantes ne le seraient-ils plus à la rentrée 2016 ? À la différence du ministère, nous croyons dans le potentiel de chacun de nos élèves, et voulons, depuis des années, que les options de latin et de grec, ce surcroît de culture et de confrontation à d'autres mondes ou d'autres modes de pensée, soient accessibles à tous.

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2016/03/10 - Mobilisation et pétition

Nous relayons un appel à la mobilisation et à la signature d'une pétition du Collectif Condorcet (Appel national pour sauver l'école de la République).

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2016/02/16 - Deux annonces

Rappel ! Nous entrons dans le dernier mois du Concours de la nouvelle Jacqueline de Romilly ! Pour participer, déposez avant le 14 mars minuit votre nouvelle sur la page Concours.
Assemblée générale de SEL : elle aura lieu le samedi 12 mars 2016. Plus de précisions à venir.

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2016/02/16 - Allez voir Lysistrata !

La Compagnie Poupées russes a le plaisir de vous annoncer de nouvelles représentations de la pièce d'Aristophane, Lysistrata, du 28 avril au 26 juin, à la Folie Théâtre à Paris.
Plus de renseignements : site web de la Folie Théâtre
Une dizaine de places à tarif réduit (1 place achetée = 1 place offerte) sont disponibles pour les membres de SEL : n'hésitez pas à nous contacter si cela vous intéresse !

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2016/01/27 - Lettre au Président de la République

Monsieur le Président de la République,
En réponse à notre demande d'audience portant sur la réforme du collège, votre chef de cabinet, Madame Isabelle Sima, nous a assuré le 13 octobre dernier que vous étiez 'à l'écoute de nos observations concernant la mise en oeuvre de l'enseignement des langues anciennes dans le cadre de cette réforme' et que vous prendriez 'à cet égard dans les mois à venir des initiatives qui attestent le prix que vous attachez aux humanités et à la langue française'.
Afin que vos annonces prennent en compte la situation scolaire actuelle du latin et du grec et renforcent les orientations égalitaires de votre politique en remédiant à la quasi disparition des langues anciennes du cursus des collégiens, nous nous permettons quelques rappels.
Madame la Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a déclaré à de multiples reprises, auprès de la représentation nationale et de divers médias, qu'avec la réforme de 2016 le grec ancien et le latin seraient toujours enseignés dans les collèges, avec le même nombre d’heures qu'auparavant. Or, dans les faits, les dispositions actuelles de la réforme aussi bien que les modalités de son application, démentent ces affirmations.
En effet, l'arrêté du 19 mai a retiré le latin et le grec de la liste des matières jusqu'à présent enseignées à titre d'option en collège, et a fait éclater leur enseignement en trois dispositifs dont la mise en place dans les établissements ne peut plus être garantie aux familles : éléments du programme de français - qui existent déjà dans les programmes actuels -, 'enseignements pratiques interdisciplinaires' (EPI) dont l'horaire doit être prélevé sur celui des autres disciplines, et 'enseignements de complément' dont l'existence ne peut être assurée, car ils dépendent de l'utilisation que feront les établissements de leur marge de fonctionnement puisque les langues anciennes n'ont pas d'horaire dédié disponible. Au mieux, cet horaire sera inférieur à l'horaire actuel de 50% en 5e, 30% en 4e et 3e et il sera partout laissé à l'appréciation des établissements qui répartiront chacun, dans le cadre de l'autonomie, leurs moyens horaires. Enfin ces trois dispositifs bancals peuvent relever de trois professeurs différents, dont l'un seulement qui soit de lettres classiques...
Avant même toute application de la réforme, nos associations ont averti que la précarité et l'atomisation du nouveau statut de ces enseignements privés d'horaire spécifique ne pouvaient que nuire aux contenus transmis, rendre plus difficilement accessible aux élèves l'intérêt que présente l'Antiquité, retarder leur implication dans leurs apprentissages, et bien évidemment de ce fait mettre à mal l'étude du latin et du grec au collège.
Vous sachant 'à l'écoute de nos observations concernant la mise en oeuvre de l'enseignement des langues anciennes dans le cadre de cette réforme', nous faisons remarquer que les premières mesures annoncées en ce moment même dans les collèges, dans le cadre de la préparation de la rentrée 2016, mettent en lumière la fragilité de la structure prévue, incapable de résister aux contraintes fixées par la nouvelle organisation du collège, et aboutissent à la baisse notable du nombre des sections et de l'horaire total accordé aux langues anciennes dans les établissements.
Faute d'heures disponibles, des établissements annoncent déjà qu'ils ne pourront respecter les assurances de Madame la Ministre, qu'ils doivent limiter l'EPI de langues et cultures de l'Antiquité à un seul niveau (alors que le BO de juillet l'étendait à l'ensemble du cycle 4 et que cet EPI aurait représenté en 5e 50%, en 4e et 3e 30% de l'horaire actuel), restreindre le nombre d'élèves étudiant les langues anciennes en n'ouvrant qu'un groupe par niveau, ou limiter l'horaire de l'enseignement de complément, voire parfois supprimer les sections de grec, réduisant ainsi l'enseignement des langues anciennes ou les effectifs de latinistes et d'hellénistes à une peau de chagrin - quand ils ne ferment pas purement et simplement l'enseignement des langues anciennes dans leur établissement.
La confusion des textes officiels amplifie le risque de disparition de nos disciplines : là où dans les textes actuellement en vigueur deux lignes et trois colonnes suffisaient à définir le statut de celles-ci au collège, il a fallu en 2015 un arrêté, un décret, deux bulletins officiels, deux documents de la DGESCO pour décrypter la complexité de la structure prévue pour les langues anciennes, deux pages de l'IGEN pour les expliquer, à la suite de quoi DGESCO et ministère n'en font pas la même lecture. Le 'choc de simplification' est décidément inconnu au ministère de l'Éducation nationale.
La réforme du collège visait - et il faut en saluer l'intention - à remédier aux inégalités scolaires. Mais faute d'un diagnostic bien posé, d'une analyse sérieuse de la réalité, et de la prise en compte des effets pervers que la réforme entraîne, elle aboutit à les renforcer.
En effet, l'apprentissage ouvert à tous des langues anciennes, et d'autres matières taxées un peu vite d' 'élitisme', a toujours concouru à la promotion des élèves défavorisés, en leur apportant le surcroît de culture et de confrontation à d'autres mondes ou d'autres modes de pensée qu'ils ne pouvaient découvrir dans leur milieu d'origine. Une étude de la DEPP5, organe statistique du ministère, soulignait récemment le rôle positif du latin dans la réussite scolaire des élèves défavorisés, et son action bénéfique pour la mixité sociale - les familles plus favorisées acceptant d'inscrire leurs enfants dans un établissement sensible avec latin, rassurées de voir qu'il offrait des possibilités de réussite, un contenu et une qualité de l'enseignement, comparables à ceux d’un établissement mieux coté.
L'amoindrissement voire la disparition de l'apprentissage du latin et du grec sont donc, surtout dans les collèges 'des quartiers' ainsi que les collèges ruraux qui par un effet d'échelle voient réduits leurs moyens horaires 'de marge', un coup sévère porté aux engagements de lutte contre les inégalités. Les disparités entre les territoires vont se renforcer et la mixité sociale va s’amenuiser, à l'heure même où l'on assure aux élèves que la République s'adresse à tous. Quand les établissements privés ou les collèges publics de certaines académies annoncent qu'ils conservent leurs sections de latin ou de grec, lorsque d'autres les perdent sans savoir pourquoi, il s'agit bien de discrimination. À l'heure de 'l'union nationale', l’Éducation du même nom fait tache.
Quant aux enseignants, ils sont en porte à faux : on leur demande de prôner l'égalité et la solidarité de tous mais ils doivent annoncer, dans le même temps, que les élèves de 5e et de 4e déjà latinistes vont devoir renoncer à leurs options ou les voir réduites, que les futurs hellénistes de 3e ne feront jamais de grec, et donc en réalité que leur collège leur apprendra moins de choses que le collège voisin, ou que l'enseignement privé est plus attrayant et plus généreux que le public... Le discours contradictoire a ses limites et ne pourra dissimuler longtemps la tromperie.
Faut-il rappeler de plus que les professeurs de lettres classiques sont aussi professeurs de français ? Voir les horaires de leur discipline amputés en 6e et en 3e, deux classes charnières, d'adaptation au collège pour la première et de propédeutique au lycée pour la seconde, renforce leur colère : l'échec des élèves est souvent un échec dans la maîtrise du français, et la réforme 2016 du collège majore leurs difficultés, en réduisant le temps d'enseignement et d'apprentissage de la langue dans ces deux classes.
Apprenant 'le prix que vous attachez aux humanités et à la langue française', sachant quel est votre souci de réunir tous les Français autour d'un idéal commun, nous vous réitérons notre demande d'audience, et notre souhait que l'on renonce à cette réforme du collège, qui ne soigne pas les maux bien réels de l'école mais conduit, dans une course aveugle, à leur amplification, au développement de l'ignorance, et à l'injustice envers les plus démunis. Seule une réforme consciente de la complexité des problèmes scolaires, portée et acceptée par une grande majorité des personnels, pourra être suivie d’effets positifs.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.
F. Martin, pour les associations APFLA-CPL (Association des Professeurs de Français et Langues Anciennes en Classes Préparatoires Littéraires), APLAES (Association des Professeurs de Langues Anciennes de l’Enseignement Supérieur), APLettres (Association des Professeurs de Lettres), CNARELA (Coordination Nationale des Associations Régionales des Enseignants de Langues Anciennes), SEL (Sauvegarde des Enseignements Littéraires), SLL (Sauver Les Lettres)

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2016/01/10 - Communiqué de presse de la CNARELA (07/01/16)

La CNARELA a été conviée par la DGESCO le 6 janvier 2016 à une réunion ayant pour objet le 'projet de programme pour l’enseignement de complément Langues et cultures de l’Antiquité'.
Elle a tenu à rappeler son opposition à la réforme du collège. Elle a dénoncé l’éclatement de l’enseignement actuel du latin et du grec entre un Enseignement Pratique Interdisciplinaire de Langues et Cultures de l’Antiquité (EPI-LCA) et un enseignement de complément (EdC). Cet
éclatement est manifeste dans le projet de programme remis à la ministre par le Conseil Supérieur des Programmes avec un mois de retard, le 17 décembre 2015.
Elle a insisté sur le maintien des horaires actuels (latin 2h en 5e - 3h en 4e - 3h en 3e ; grec 3h en 3e), avec des cours
réellement ouverts à tous les élèves qui en font la demande, sans numerus clausus imposé pour des raisons budgétaires. Elle a affirmé une nouvelle fois la nécessité de moyens fléchés avec des horaires dédiés pour le latin et pour le grec.
Elle a demandé que soit prise en compte la situation actuelle sur le terrain :
- de nombreux collègues sont opposés à la réforme qui est mise en place en même temps sur les quatre niveaux du collège à la rentrée 2016. La complexité de la structure avec les EPI ne facilite pas la lisibilité pour les élèves, les familles et les personnels ;
- le syndicat des IA a alerté la ministre, dans une lettre ouverte datée du 13 décembre 2015, sur les 'tensions inédites observées dans les établissements' et sur 'le profond abattement, voire le désarroi des professeurs de lettres classiques et d’allemand' ;
- les fermetures annoncées de groupes de latin et de grec à la rentrée 2016 et les pertes dramatiques d’heures en lettres classiques sont bien réelles alors que la ministre met en avant un accès au latin et au grec pour tous et s’est engagée devant la représentation nationale à maintenir les horaires actuels. La CNARELA constate
malheureusement que les personnels de direction, encouragés par le syndicat majoritaire SNPDEN, prennent des
libertés avec les textes.
Enfin, à propos du projet de programme, la CNARELA a tenu à souligner les points suivants :
- Il est difficile de discuter de la mise en place du programme alors que les horaires sont diminués (50% en 5e ; 30%
en 4e et en 3e), ne sont pas clairement définis et varient selon les établissements. Nous avons évoqué deux cas de
l’académie de Rouen, dans lesquels l’enseignement de complément n’est ouvert qu’en 4e et où l’EPI est
uniquement assuré en 5e.
- Notre demande de constituer un groupe de réflexion sur les programmes n’a jamais été prise en compte. Ce groupe de réflexion devrait être constitué de l’Inspection générale de Lettres, de personnels qui assurent quotidiennement des cours devant des collégiens, issus de divers établissements, et des représentants des
associations littéraires réunies. Nous avons d’ailleurs fortement regretté que les associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, SEL et SLL n’aient pas été invitées à cette réunion alors qu’elles ont toujours été reçues en audience commune avec la CNARELA depuis les premières annonces de la réforme (deux fois au cabinet de la
ministre en mars et en juillet, et une fois à la DGESCO en juillet).
- Nous avons demandé une nouvelle fois qu’une consultation nationale de l’ensemble des collègues de Lettres
classiques soit organisée au plus vite afin de recueillir les avis de collègues en activité sur le projet de programme.

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2015/12/01 - Communiqué de presse du 29 novembre 2015

Une très intéressante étude de la DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance), organe
statistique du ministère de l'Éducation nationale, analyse le poids du latin dans le parcours scolaire de 35000 élèves
entrés en 6e en 2007, jusqu'à leur obtention du baccalauréat en 2014.
Son titre maladroit, lié aux bases de l'enquête et non à ses conclusions : 'Le latin au collège : un choix lié à
l'origine sociale et au niveau scolaire des élèves en fin de 6e' a conduit des organes de presse à des intitulés vengeurs, du Monde titrant en ligne 'Le latin : une option d'élites', infléchi sur papier en 'Le latin, marqueur de réussite scolaire', à Libération proclamant sans nuances 'Qui fait du latin au collège ? Avant tout les enfants de
profs...'. Quant au Café pédagogique, pourtant volontiers sociologue, il déclenche sur la même ligne sa sirène
automatique : 'Latin et élitisme : le débat relancé par la DEPP', avec le souhait final de 'réduction des filières
élitistes'.
Faut-il rappeler à Libération que lire dans l'étude que 44% des enfants d'enseignants font du latin ne conduit pas à
comprendre que 44% des latinistes sont enfants de professeurs, et que si le journal s'était reporté à une autre publication de la DEPP, le bilan annuel 'Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la
recherche' (RERS 20155), il aurait lu p. 97 que 3,3% des collégiens sont enfants d'enseignants, et compris à la p.
127 que 44% de ces 3,3% ne peuvent constituer les 19,3 % de la population collégienne qui choisissaient le latin à
la rentrée 2014. Il aurait compris aussi que les parents des 'enfants de profs' sont aussi les professeurs des enfants des autres, et que, convaincus des vertus du savoir et de la culture pour tous, ils ont pu, vu les chiffres, pousser d'autres enfants que les leurs, et des enfants défavorisés, à faire du latin. Les données statistiques du même document permettent en effet de calculer que certes 37,5% des latinistes sont issus de milieu favorisé (donc pas seulement enseignant), mais surtout que 62,5% d'entre eux sont enfants de classes intermédiaire, moyenne
(agriculteurs, artisans, commerçants), ou défavorisée (ouvriers et chômeurs).
Leurs contresens idéologiques de lecture chagrinent chez des journalistes férus de 'désintox', et censés éclairer l'actualité, ne pas se laisser aveugler par les préjugés, ni adhérer aux slogans de la ministre de l’Éducation nationale sacrifiant le latin au nom d'un supposé élitisme.
Cette étude, au contraire, met en effet statistiquement en lumière les bénéfices de l'étude du latin, et montre que les
effets positifs de l'apprentissage de cette langue ancienne sont d'autant plus marqués pour les élèves que leur
origine sociale est défavorisée. Loin d'être la dénonciation d'une matière et encore moins d'un élitisme – puisque
93% des établissements scolaires proposaient le latin à la rentrée 2014 -, cette étude est au contraire un plaidoyer,
mathématiquement étayé, pour le rôle socialement correcteur du latin dans le domaine des inégalités scolaires et
culturelles.
Par exemple, le succès aux examens (brevet des collèges et baccalauréat) des élèves latinistes de milieu défavorisé est supérieur de 21,5 points au brevet, 23 points au baccalauréat, à celui de leurs camarades de même milieu non latinistes, alors que l'écart n'est que de respectivement 5,5 et 18 dans les milieux favorisés. Ces chiffres nets ont l'avantage de débarrasser l'enquête des biais sociologiques : si le latin apporte moins dans les milieux favorisés, c'est que d'autres facteurs familiaux ou culturels jouent le rôle du latin ; dans les classes moyennes et pauvres au contraire, rien ne peut remplacer cette matière offerte gratuitement par l'école de la République.
La réflexion sur la carte scolaire également devrait s'enrichir à la lecture de cette enquête. L'étude révèle en effet que le latin participe à la mixité sociale : les enfants de milieu favorisé fréquentent le collège d'éducation prioritaire de leur secteur quand il offre le latin. C'est une raison de développer encore cette matière, et non plus de la limiter comme le font depuis plus de dix ans tous les gouvernements, en restreignant de façon malthusienne l'accès aux sections de 5e, et en fermant des enseignements de 2nde en lycée, alors qu'ils ont eu et ont entre les mains un levier
de lutte contre des inégalités croissantes qu'ils déplorent maintenant avec des larmes de crocodile, en accusant d'injustice l'école elle- même, et non leurs politiques scolaires incompétentes. Cette mixité créée par le latin est réelle : contrairement aux clichés, 80 % des établissements ne regroupent pas les latinistes dans une classe, mais les
répartissent sur plusieurs à 57%, et sur toutes les classes à 24% (cf l'étude du CNESCO, note 4).
Une telle étude, menée par les services du Ministère lui-même, ne devrait pas informer que les journalistes, les sociologues et les parents : la ministre Najat Vallaud-Belkacem elle-même devrait la lire. Elle en tirerait plusieurs enseignements.
Que le latin lutte contre les inégalités au lieu de les conforter, que le combat contre l'injustice scolaire mérite une information documentée et non des slogans pavloviens, et que les statisticiens de ses propres services ont des capacités de dessillement idéologique dont elle devrait se servir.
Que la réforme du collège qu'elle engage en dépeçant le latin et le grec, pour un 'saupoudrage' dont elle se
vante, travaille méthodiquement et aveuglément contre les élèves, qu'elle prive de savoirs, d'égalité et de mixité ; il
faut en effet remarquer que cette étude menée de 2007 à 2014 l'a été dans une période où les programmes et les
horaires nationaux des langues anciennes leur ont préservé un statut de disciplines à part entière – le seul statut qui préserve leur vertu scolaire, culturelle et sociale.
Que démembrer ces matières est une faute intellectuelle qui ne peut procéder que d'une ignorance forte et d'une pensée hors-sol.
Que les dénaturer en kit (les EPI, monstres administratifs) va conduire à créer dans les collèges des ghettos de latinistes (comme en prévient le Syndicat des personnels de direction).
À ces titres, les associations APFLA-CPL, APLAES, APLettres, CNARELA, SEL et SLL dénoncent et condamnent la réforme 2016 du collège, menée à marches forcées contre l'intérêt et le bien-être des élèves, les convictions des professeurs, le respect des disciplines et du savoir, et dans l'ignorance la plus complète des mécanismes réels en
oeuvre à l'école et dans la société. Elles réclament une fois de plus le maintien du latin et du grec comme disciplines du collège, ouvertes à tous, et garanties nationalement par un horaire dédié.

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2015/10/28 - Ouverture du concours de la nouvelle !

Le concours de la nouvelle Jacqueline de Romilly est ouvert. Pour cette deuxième édition, les règles n'ont pas changé : tous les élèves de lycée ou de CPGE peuvent participer et tenter de gagner de nombreux prix. Le thème reste inchangé : un lien, même ironique, avec l'antiquité sera apprécié. Rendez-vous sur la page Concours de notre site pour connaître toutes les informations et déposer votre nouvelle quand celle-ci sera prête !
Clôture du concours le 14 mars 2016.

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